N°1 : Penser le besoin de différenciation des ados en contexte de confinement.


« L’humanité entière n’est faite que de cas particuliers, la vie est créatrice de différences, et s’il y a « reproduction », ce n’est jamais à l’identique. « 

Amin Maalouf

La différence, c’est bien la grande affaire de l’adolescence. Faire la différence avec l’enfant que l’on n’est plus. Faire la différence avec ces adultes, ces gens d’un autre monde qui peuvent nous agacer, nous fasciner ou au mieux nous indifférer.

La différenciation, c’est bien la grande affaire de l’adolescent. Dans ce tri qu’il va devoir faire parmi les valeurs qui lui ont été transmises par son groupe familial, comment va-t-il composer entre ce qui lui permet de continuer à appartenir à sa famille tout en étant lui, acquérir son identité d’adulte, sa place dans cette famille, son inscription sociale,… ?

Un des enjeux majeurs de l’ado est en effet de pouvoir « sortir » de sa famille, dans tous les sens du terme, trouver ailleurs de quoi faire un peu du neuf. Il est important à tout âge d’avoir plusieurs cercles d’appartenances (la famille, certes, mais aussi les amis, les associations sportives, une communauté religieuse, une appartenance politique, etc.) Mais à l’adolescence, cette question devient cruciale. L’avis du groupe des copains devient bien plus important que celui de ses parents…

Or, cette période inédite vient délimiter -physiquement en tout cas- l’appartenance à un seul cercle : celui de la famille nucléaire.

De quoi péter les plombs ! D’ailleurs que ce soit en ville ou à la campagne on voit bon nombre d’ados qui ont du mal à respecter le confinement.

Alors, à situation inédite, nouvelles réponses…  Comment permettre à nos ados de garder le contact avec leurs communautés, leurs groupes d’appartenances ? Appels, accès à leurs messageries, signaux de fumée… tout est bon, et peut-être faut-il envisager ces moyens pour eux de communiquer avec leurs copains avec un peu plus de souplesse qu’habituellement ! Et de notre côté, de ne pas hésiter à faire appel à nos amis ou à des professionnels qui peuvent également nous soutenir dans cette parentalité à l’épreuve du confinement.


Béatrice Delpont
Psychologue clinicienne,
D-Clic Arpège, Maison Des Adolescents du Gard.


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